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Nutrition

Vitamine B12 après 60 ans: pourquoi l’absorption baisse

La rédaction de Martagon7 min de lecture

Deux œufs bruns, un verre de lait, une tranche de pâté de foie et un filet de maquereau sur une nappe de lin

La vitamine B12 est le contre-exemple qui oblige à nuancer «une alimentation variée suffit». Elle peut être présente en quantité dans l’assiette et manquer dans le sang, parce que l’étape qui la libère des aliments fonctionne moins bien avec l’âge.

Un blocage à l’entrée, pas un manque dans l’assiette

Dans les aliments, la vitamine B12 est liée aux protéines. Pour être absorbée, elle doit d’abord en être détachée — une opération qui demande de l’acidité gastrique et une enzyme, la pepsine. Avec l’âge, une inflammation lente de la muqueuse de l’estomac réduit la production d’acide chez une part notable de la population.

Le résultat est contre-intuitif: on mange de la viande, des œufs et du fromage, et l’on absorbe mal. Une revue de référence décrit ce défaut de libération comme la cause la plus fréquente de carence en B12 chez la personne âgée, loin devant l’apport insuffisant.

Les médicaments qui pèsent sur le bilan

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons et les autres anti-acides au long cours: ils réduisent précisément l’acidité nécessaire à la libération de la B12.
  • La metformine, très largement prescrite dans le diabète de type 2, est associée à une baisse des taux de B12 lors d’un usage prolongé.

Aucun de ces traitements ne se modifie de sa propre initiative: ils sont prescrits pour de bonnes raisons. Ce qui est utile, c’est de savoir qu’un usage prolongé justifie d’y penser et d’en parler.

Pourquoi la carence se remarque tard

L’image classique — une anémie avec de grands globules rouges — est trompeuse, car les manifestations neurologiques peuvent la précéder. Une revue clinique de référence décrit des fourmillements, une perte de sensibilité aux pieds, un équilibre moins sûr, parfois des troubles de la mémoire ou de l’humeur, chez des personnes dont la numération sanguine est encore normale.

Deux conséquences pratiques. La première: une carence en B12 fait partie des causes réversibles qu’on cherche devant une plainte de mémoire. La seconde: se fier à l’absence d’anémie pour écarter le diagnostic est une erreur.

Ce qu’on peut faire de son côté

  • Maintenir des sources régulières: œufs, produits laitiers, poissons, viandes — la B12 n’existe pratiquement pas dans le règne végétal.
  • Signaler un traitement anti-acide ou une metformine pris depuis des années lors du prochain bilan.
  • Ne pas mettre des fourmillements persistants des pieds sur le compte de l’âge sans en parler.
  • En cas d’alimentation sans produits animaux, poser la question de la B12 explicitement: c’est le seul nutriment qui n’admet pas d’improvisation.

Questions fréquentes

Peut-on manquer de B12 en mangeant de la viande?

Oui. Chez la personne âgée, la cause la plus fréquente n’est pas l’apport mais la difficulté à détacher la B12 des protéines alimentaires, faute d’acidité gastrique suffisante.

Quels médicaments favorisent une carence en B12?

Les anti-acides de la famille des inhibiteurs de la pompe à protons et la metformine, lorsqu’ils sont pris au long cours. Aucun ne se modifie de sa propre initiative: c’est un sujet à aborder lors d’un bilan.

Faut-il des injections?

Pas nécessairement. Quand la carence relève d’un défaut de libération de la B12 alimentaire, une supplémentation orale à dose adaptée est souvent efficace, la forme libre échappant au blocage. La voie et la dose relèvent du médecin.

Sources

  1. Allen LH. How common is vitamin B-12 deficiency? The American Journal of Clinical Nutrition. 2009;89(2):693S–696S. doi:10.3945/ajcn.2008.26947A
  2. Andres E, Loukili NH, Noel E, et al. Vitamin B12 (cobalamin) deficiency in elderly patients. Canadian Medical Association Journal. 2004;171(3):251–259. doi:10.1503/cmaj.1031155
  3. Volkert D, Beck AM, Cederholm T, et al. ESPEN practical guideline: Clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clinical Nutrition. 2022;41(4):958–989. doi:10.1016/j.clnu.2022.01.024
  4. Livingston G, Huntley J, Liu KY, et al. Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. The Lancet. 2024;404(10452):572–628. doi:10.1016/S0140-6736(24)01296-0

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